Historique

Il y a déjà 15 ans…

La grande rencontre avec les enfants des « tap-tap »…

Décembre 1998, Jean-Philippe et Cécile De Middeleer partent en Haïti. Jean-Philippe est engagé par l’ONG RCN pour coordonner une formation pour les juges de paix à l’Ecole de la Magistrature de Port-au-Prince. Cécile sympathise rapidement avec les enfants des rues qui travaillent dans les tap-tap, ces pick-up bariolés joliment. Ils s’appellent « tap-tap » car les enfants tapent deux petits coups sur la carrosserie lorsqu’il est bien rempli et signalent par là au chauffeur qu’il peut démarrer. Ils reçoivent en échange une petite pièce…

Un blanc qui marche dans la rue en Haïti n’est pas monnaie courante et si en plus, il y a moyen de lui rendre service contre petite rémunération, l’occasion ne doit pas être manquée! Les enfants aidaient Cécile à trouver le tap-tap correspondant à sa destination, elle leur donnait une petite pièce… Après quelques jours, Cécile leur a dit: « pour une fois, j’ai du temps. Que diriez-vous de commencer l’école avec moi chaque matin? ». Au rendez-vous fixé le lendemain, ils étaient 5 à attendre Cécile, ils avaient mis des vêtements propres et se tracassaient de ne pas avoir de « malette » (cartable). Aidée par un Haïtien, un local fut rapidement trouvé dans un orphelinat et ce fut le début d’une grande aventure qui, 10 ans plus tard, parvient à mobiliser des centaines de personnes en Belgique.

Un centre d’accueil et de scolarisation qui sort totalement du lot: la TIMKATEC!

Ils étaient finalement 12 élèves réguliers à venir tous les matins. Travaillant comme volontaire pour l’Unicef à la mise en place d’un centre d’alphabétisation pour les mineurs de la prison de Fort National, Cécile eut l’occasion de visiter une vingtaine de centres pour enfants en situation de rue. Cafardeux au possible, l’un d’entre eux sortit complètement du lot. Des plantes, la propreté, le regard éveillé des enfants, la recherche constante du meilleur pour eux… c’était la découverte du centre TIMKATEC!

Les enfants y furent inscrits, leur permettant alors de suivre une scolarité adaptée. L’un d’eux a terminé le primaire, suivi une formation en électricité et finalement peu manuel, terminera les secondaires l’année prochaine. Il a travaillé deux mois au sein du quotidien le plus réputé d’Haïti.

« Vous partez… il y a pourtant encore tant de choses à faire ici…. »

La veille du retour de Jean-Philippe et Cécile en Belgique, le partenaire local leur a dit « vous partez… il y a encore pourtant tant de choses à faire ici… ». Lui confiant leurs 12 protégés, il leur était impensable de fermer la page. Ils ont donc mis sur pied l’ASBL GEOMOUN en mars 2000, accompagné de Frank Gerard, futur administrateur.

Grâce à l’ONG CEC qui a accueilli le projet dans son plan d’action financé par la coopération belge (DGCD), le projet a pu se développer rapidement. GEOMOUN a largement participé à la création de Timkatec 2, école de formation professionnelle pour 300 jeunes défavorisés de Port-au-Prince et Timkatec 3 qui accueille des petites et jeunes filles en domesticité. Aujourd’hui, c’est plus de 500 enfants et jeunes à qui le projet « offre une chance de s’en sortir’!